Billet à mon bouton de rose

C’est dimanche. Les habitants de mon quartier ouvrent très haut le haut-parleur de leurs radios. C’est comme une fête du bruit. Le silence est mort dans mon quartier. On a fusillé le silence. J’aimerais bien faire moi aussi un peu de bruit. Mais je n’ai pas de bruit à faire. Peut-être ajouter le bruit d’une page dans ce tohu-bohu ? Mais c’est tellement mélodieux le bruit d’une page. J’aime changer de page, surtout la nuit. La nuit quand la rumeur de la ville est endormie. Sais-tu mon amour, je suis un lecteur nocturne. La lecture est comme un luxe pour moi. Souvent, la nuit, je m’empare d’un livre de Mario Vargas LLiossa.

Tout seul, je suis assis dans ma chambre déserte. La chaleur suffocante de l’été m’afflige. Je songe à ce que j’aime. Tu sais ce que j’aime mon amour ? J’aime la rosée du matin. J’aime la lune claire. J’aime la rivière calme quand il dessine d’un trait brillant sa route sous la lune. J’aime le soleil quand il illumine les fleurs du printemps avec la clarté aveuglante de ton visage.

Mais la nuit noire tarde encore à venir. Je suis ennuyé. Il y a une pile de livres devant moi, mais je n’ai pas assez d’énergie pour lire. Tout ce que j’aimerais faire, c’est regarder les nuages du soir qui brillent dans ton sourire.

Marc Sony Ricot
Delmas,
20 juin 2021

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